Parmi les élèves les plus motivés de l’Institut Goswami figurait Basile Catoméris qui, à cette époque, se démarquait sensiblement de la majorité de son entourage par son assiduité à étudier et pratiquer, aux pieds d’un authentique maître de la pensée spirituelle de l’Inde, la philosophie pragmatique du Yoga.
Parallèlement à sa carrière internationale de consultant dans le domaine de la propriété intellectuelle, Basile se soumit à un long apprentissage ininterrompu de plus de deux décennies d’études, de pratique et d’expérimentations qui rapprochèrent le fidèle disciple du fondateur de l’Institut éponyme. Il se vit ainsi confier occasionnellement la conduite des classes de Hatha Yoga du Maître et bénéficier du privilège d’assister un grand érudit qui consacra toute sa vie à la recherche, la pratique et l’enseignement du Yoga, un enseignement qu’il prodigua à des milliers d’élèves aux quatre coins du monde. Pour le disciple, ce fut une grâce que de côtoyer cet être éminent qu’un maharadja du temps de l’Empire britannique avait baptisé « Le lion du Bengale ».
Ce n’est que quelques mois avant son décès, en octobre 1978, que Shri Goswami accorderait à son disciple assidu l’initiation rituelle du Yoga – après 21 années d’études et d’exercices de la « science de l’homme », cette tradition du Yoga millénaire revisitée par un scientifique.
Quelques années plus tard Basile rencontrait Ma Santi Devi, une yogini et femme au foyer qui consacrait sa vie à Dieu au travers de la pratique du Laya Yoga et Bhakti Yoga.
Le jour de leur rencontre à Gopalpur elle lui délivra cet étrange message :
« Vichari (Basile) Tu n’es pas venu ici pour présenter tes hommages à la mère spirituelle de ton défunt maître mais parce qu’il est temps pour toi de recevoir le Brahma mantra diksha (initiation finale dans la tradition du Yoga) que j’ai accordé à ton maître avec son nom spirituel Jnanananda Giri. Personne n’est habilité à initier sans cela ».
C’est ainsi que Ma Santi Devi, femme exceptionnelle à maints égards, initia Basile comme elle l’avait fait auparavant avec son bien-aimé Shyam Sundar Goswami. Désormais, le nouveau disciple aurait à son tour toute autorité pour initier d’autres élèves et leur transférer le capital de connaissances et le savoir-faire qu’il avait acquis pendant un long apprentissage en exil.
Ce sont aussi ces deux remarquables représen-
tants de la tradition du Yoga qui demandèrent expressément à Basile de continuer leur œuvre en transmettant le savoir et les pensées acquis au long de sa quête spirituelle.
