Précurseurs spirituels
Après plus de sept siècles, la renommée du nom Goswami perdure encore dans le Bengale du nord.
Un des ancêtres de Shri Goswami devint le gourou du monarque Hatnabati qui vivait à une époque où le célèbre yogi et réformateur Chaitanya (1486-1533) arrivait à Pouri pour y passer ses derniers jours (la légende veut que son corps disparaisse mystérieusement). L’illustre bhakti yogi avait alors transféré ses responsabilités au représentant des Goswami, le gourou du roi précité.
Le patronyme Goswami était déjà connu avant le transfert de l’héritage yogique de Chaitanya à l’ancêtre de Shri Goswami. Pour lui, l’origine plausible de sa généalogie remonterait à Vyasa.
Une des personnalités les plus importantes dans la carrière de Shri Goswami fut Balak Bharati, un ermite qui vivait à proximité de sa maison familiale, à Santipour, et à qui l’on attribuait des pouvoirs extraordinaires.
Au coeur de sa quête spirituelle Shri Goswami rencontra un autre maître qui l’initia au Laya-Yoga, voie intermédiaire entre le Hatha-Yoga et le Raja-Yoga qui parfois est appelée Kundalini Yoga.
C’est ce maître de la science des chakras qui par la suite devint le gourou et l’époux de Ma Santi Devi.
Ma Santi Devi Shri Dijwapada Sharma Raya
(1904-2002) "Masterjee" (1870 - ca 1930)

C’est lorsqu’elle n’avait que 13 ans que Shri Nirapada Sharma vint chercher dans un village proche du sien sa future disciple et épouse légitime. Ma Santi Devi est née dans un village du nord du Bengale le 25 décembre 1904 près de Pavana, où habitait l’instituteur et maître en Laya Yoga. A la fois enseignant et expert réputé en Laya Yoga, Shri Dijwapada Sharma Raya enseigna commença l’éducation de sa jeune élève en lui inculquant, pendant huit années consécutives, les règles de Brahmacharya avant de l’initier. Ce n’ est qu’alors que la jeune disciple reçut l’enseignement relatif à la voie de la dévotion ainsi que tous les rites qui accompagnent cette pratique spirituelle: puja,braja, japa en stricte conformité des écritures sacrées de l’Inde (shastras). Ce n’est qu’alors que le mariage fut consumé entre la jeune discipline et son Masterjee – surnom révérentieux dont Ma Santi Devi fit usage tout au long de sa vie pour marquer la primauté du gourou sur l’époux légitime qui lui donnerait un fils.
De trente ans son aîné, le décès du Maître laissait une jeune veuve trentenaire seule avec leur fils.
Après plusieurs années de pratique intensifiée à Varanasi (Bénarès) où elle vivait en la seule compagnie de son enfant, la yogini retourna dans sa région natale du Bengale où elle passa le reste de sa vie dans des occupations partagées par une vie familiale et sa quête spirituelle.
Un autre malheur devait frapper plus tard la yogini de Gopalpur : son fils unique fut tué accidentellement par un camion, la laissant cette fois seule responsable d’un foyer composé d’une belle-fille à la santé frêle et de trois petits-enfants.
A la fois difficile et riche la vie de Ma Santi Devi fut la lutte de survie d’une personne tout autant attachée à ses responsabilités familiales qu’à sa vocation spirituelle. C’est grâce à la générosité de fidèles disciples, comme Shri Vibhuti et Shri Goswami qu’elle pût acquérir un lopin de terre et bâtir une maison oùelle vivait dans la modestie du monde rural indien avec sa belle-fille Arati et ses trois petits-enfants Devkumar, Shibani et Sirbani.
Dépourvue de toute éducation scolaire mais rayonnante de sagesse spirituelle, la yogini s’avéra être à la fois pragmatique et humaniste. Tout au long de sa vie Ma Santi Devi fit preuve d’une rare équanimité, traitant aussi bien les membres de sa propre famille que les élèves indiens ou étrangers qui lui rendaient visite comme sa propre progéniture, habitée qu’elle était d’une remarquable égalité d’âme – caractéristique du yogi selon la Bhagavad Gita (II,48).
